Tania et les tigres du cirque d'europe en région parisienne

La dernière éléphante dans les cirques en France...

Samba, aussi appelée Tania, est la dernière éléphante de cirque en France. Ses congénères ont toutes été envoyées à l’étranger. Mina et Kamala sont décédées, tout comme Dumba. Rosa, Bambi, Nelly et Brigitte ont été envoyées dans des parcs hongrois, tandis que Baby en Tunisie. Seule, sur les routes, Samba n’a pas plus de liens sociaux depuis plus de 35 ans. Pour elle, nous ne pouvons imaginer un autre destin qu’une vie dans un sanctuaire. 

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En enquête en duo, avec Julie Lasne :

La semaine dernière, le président de Free Life s’est rendu à la rencontre du cirque d’Europe, dont notre association s’inquiétait pour la santé de l’éléphante Samba et des tigres Iroun, Sherkan, Lola et India. Il était accompagné de la conservationniste et éthologue Julie Lasne, experte reconnue des éléphants et grands fauves, représentante française de l’ONG internationale CACH et collaboratrice à plusieurs rapports et missions sur le bien-être animal. Dès le départ, Julie Lasne rappelle que la question de la présence d’animaux sauvages dans les cirques est tranchée par la loi de novembre 2021, laissant sept ans aux cirques pour se réinventer. L’objectif de cette visite est donc uniquement d’évaluer l’état de santé et les conditions de vie des animaux : signes de maltraitance, stéréotypies, conformité des installations.

Une journée d’observation discrète de huit heures s’ensuit, sans que le cirque soit informé. Samba, l’éléphante, est d’abord observée dans un enclos herbeux avant de regagner son barnum. Son isolement et ses conditions de vie confirment qu’elle ne devrait plus être sur les routes. Free Life se déclare prêt à l’accueillir dans un lieu adapté.

Lors du spectacle, où les enregistrements sont interdits, officiellement pour éviter toute concurrence mais la réalité est différente, nous documentons néanmoins les numéros pour garder des preuves. Samba apparaît en piste, mais les tigres sont absents. Après la représentation, une discussion s’engage avec les propriétaires, d’abord méfiants puis plus ouverts. Ils affirment que les tigres ne se produisent plus en raison d’un problème de santé du dresseur mais que ces derniers devraient pouvoir regagner la piste prochainement, ce qui paraît peu crédible. En leur présence, nous pouvons enfin vérifier sur place les soupçons de dégriffage des tigres.

Le cirque se défend :

Concernant les tigres, nous évoquons les rumeurs de dégriffage et rappelons au cirque que cette pratique est illégale. Si c’était le cas, Free Life agirait sur le champs ! Le propriétaire assure : « Si l’un de mes tigres est dégriffé, vous pouvez embarquer tous mes animaux ! ». Vérification faite, aucun ne l’est. Nous proposons alors notre aide pour placer les félins dans un refuge ou, à défaut, pour cesser le numéro des cerceaux enflammés — le dernier encore pratiqué en France.

Nous réaffirmons notre opposition à l’exploitation et à l’itinérance des animaux sauvages, position partagée par Julie Lasne et l’ONG CACH. L’échange permet d’aborder la future application de la loi contre la maltraitance animale, bien que le cirque refuse pour l’instant de se séparer de Samba. Sans l’action et la vigilance de Free Life, ces tigres auraient continué — et auraient sans doute continué — à exécuter des numéros dangereux, comme sauter à travers des cerceaux de feu ; notre présence a permis d’empêcher la répétition de ces pratiques.

Le cirque précise qu’aucune reproduction n’a lieu depuis des années, en raison de l’âge des tigres et du manque de place. Aucun n’est dégriffé ni édenté, mais, malgré nos années d’enquête, nous n’avons jamais observé ces animaux dans une véritable cage de détente.

Concernant Samba, les propriétaires nient toute maltraitance passée, expliquant qu’un malentendu a nourri les accusations d’associations :
« Nous n’avons jamais frappé Tania. Tania a été surprise par quelque chose, elle s’agitait. Alors, nous avons dû lever la voix. C’est quand même un animal de plusieurs tonnes, il fallait qu’elle nous écoute ou un accident aurait pu avoir lieu ! Une femme, en assistant à la scène, a cru qu’on était en train de la battre et a joint une association qui, depuis, relance cette histoire… ». 

Le cirque cherche à se défendre...

Samba est une éléphante africaine. Arrachée à sa terre natale du Kenya alors qu’elle n’avait qu’un an, elle est vendue à la famille Aucante, propriétaire du « International Circus ». Pendant des années, Samba est contrainte d’exécuter un numéro glaçant, appelé « le numéro de la mort »Au son d’un coup de fusil, elle devait s’effondrer sur la piste, simulant sa propre mort… Un supplice pour cet être sensible et intelligent, qui a vu sa famille décimée sous ses yeux.

En 2003, Samba refuse enfin d’obéir. C’est à ce moment que naissent les témoignages de maltraitance : enfermée dans sa remorque, battue par Max Aucante… La scène aurait été si violente que des enfants du public seraient intervenus pour empêcher le pire. Après ce scandale, le cirque change de nom pour devenir le Cirque d’Europeet Samba, elle, est rebaptisée Tania — comme pour effacer son passé.

Mais en 2013, un nouveau drame éclate. Tania s’échappe. Dans sa fuite, un homme perd la vie. L’histoire aurait pu se terminer comme celle de Tyke, l’éléphante abattue à Hawaï après s’être révoltée. Mais Samba est maîtrisée… et renvoyée, encore une fois, au cirque.

Depuis, elle vit seuleSes seuls compagnons : les chiens du cirque, un vieux macaque, et quatre tigres épuisés, eux aussi condamnés à répéter leurs tours, à traverser des cerceaux de feu, jour après jour

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