Sauvons le puma :

Depuis quelques jours, près d’Arras, dans le Nord Pas-de-Calais, un étrange fait divers a lieu. Un grand fauve, probablement un puma, est en fuite. D’où vient-il ? Comment s’est-il retrouvé à errer dans le nord de la France ? Ce sont les questions auxquelles nous n’auront peut-être jamais de réponse. Mais voilà, le Préfet du département a récemment pris la décision d’autoriser des tirs de prélèvements – autrement dit d’abattre l’animal. Étant donné que son propriétaire n’a pas daigné donner signe de vie (en cause : probablement une détention illégale chez un particulier), le préfet a pris la décision d’autoriser cela pour protéger les habitants. Après tout, on ne connaît ni son âge, ni son sexe, ni aucune autre caractéristique de l’animal. 

Free Life s’oppose fermement à la décision du préfet. Nous comprenons sa situation. Il doit veiller à la protection des habitants et s’assurer que l’animal n’attaquera personne. Seulement voilà, il faut savoir que de nombreuses études ont démontrées que les pumas fuient les humains. Présent en Amérique, au même titre que les lynx en France, les pumas préfèrent fuir les hommes plutôt que d’aller à leur rencontre. C’est ce qu’ont démontré les chercheurs des universités de Western Ontario (au Canada) et de Californie (à Santa-Cruz). C’est à l’aide d’haut-parleur et de caméra hypodermique que l’expérience a révélée que 83% des pumas sauvages ont préférés prendre la fuite. Quant au pourcentage restant, ils se sont montrés relativement curieux du bruit. 

Il faut aussi noter que, dans notre cas, après une semaine de divagation, l’animal n’a causé aucun dommage à l’écosystème. Il n’a encore jamais attaqué personne. Ni humain, ni animal de compagnie, ni animaux de rente. Dans la nature, sauvage, le puma peut se contenter qu’une grosse carcasse pour une bonne semaine. Si l’animal a été nourrit avant de prendre la fuite ou d’être relâché, on pourrait penser qu’il se nourrit de petits gibiers ou de restes laissés par d’autres animaux. N’oublions pas que le puma est, ici, domestiqué. Il n’a donc jamais appris à se nourrir seul. Et si, à ce jour, aucun dégât n’a pu être commis est-ce parce que l’animal n’en a pas les moyens ? A-t-il était dégriffé, comme c’est souvent le cas des fauves détenus par des particuliers ? Est-il édenté ? Une chose est sûre, il ne pourra pas se nourrir indéfiniment sans aide. D’ailleurs, les pumas n’attaquent pas les humains. Tel que précisé plus haut, il préfère les fuir. Il y a peu de chance pour que les victimes de l’animal se comptent en hommes, en femmes ou en enfants et encore plus si l’animal a pu être charcuté. 

Aucune attaque ne signifie pas aucun danger pour autant. Le risque zéro n’existe pas. C’est pourquoi, il est important de retrouver sa trace et de l’endormir au plus tôt ! Free Life s’engage ensuite à trouver une structure d’accueil dans une maison à vie (sanctuaire). Et si nous pensons qu’il est impossible de l’endormir puisque nous ne connaissons pas les antécédents de l’animal. 

Pourtant, ce n’est pas la première fois qu’en France et à l’étranger des animaux sauvages doivent être capturés. Et bien souvent, l’issu pour ces grands fauves est tragique. En 2017, ce fût le cas de Mevy, tigresse du cirque parisien Bormann Moreno, âgée de 18 mois, abattue après plusieurs coups de fusil à pompe de la part de son dresseur dans le métro parisien. Mais heureusement, ce n’est pas toujours le cas. En 2019, une panthère noire, prénommée Louise, s’échappe de son appartement dans la commune d’Armentières. Elle divague sur les toits, sans mal. Et les forces de l’ordre réussiront à l’endormir, profitant du fait qu’elle avait fini par rentrer dans son appartement. Là encore, le propriétaire de la panthère avait mis plusieurs jours à se manifester. En 2015 et en 2021, The Mountain Lion Foundation raconte également qu’à San Mateo et San Francisco, des pumas ont pu être capturés. 

The South African explique qu’en 2019, à Sutherland (Afrique du Sud), un lion sauvage s’était échappé de la réserve naturelle de Karoo. Après quatre semaines de divagation, le mâle avait pu être capturé grâce à la traque des habitants locaux, des autorités compétentes et des vétérinaires. Le lion, n’écoutant que son appétit, avait fini par se rapprocher d’une carcasse laissée par les forces de l’ordre. Non loin, un hélicoptère avec à son bord un vétérinaire avait permis de l’endormir à l’aide d’un fusil hypodermique. L’animal n’avait jamais eu contact avec les hommes en quatre semaines de fuite.

Alors oui, des solutions sont possibles. Comment les rangers font-ils sur le continent africain, avec encore moins de moyens que nous ? Pourquoi des lions ont pu être capturés sain et sauf ? Alors pourquoi l’abattre ? Essayons, avant d’en arriver là, de mettre en place tous les moyens possibles. Le même procédé qu’en Afrique du Sud pourrait fonctionner. Essayons de mobiliser les forces de l’ordre, scientifiques et les chasseurs – sans fusil – qui connaissent si bien la région. Suivons la trace de ce gros chat et tentons de le capturer vivant ! Un puma reste un félin, le même procédé qu’avec un chat doit être réalisé. Les recherches en journées se montreront peu efficaces. Et les brouhahas du quotidien le feront fuir…

Edit 20.10.2021 : Nous tenions à remercier France 3 Hauts-de-France, pour nous avoir permis de nous exprimer sur le cas de ce puma à travers un article publié sur leur site internet à la date de cet update.